Qui paie les diagnostics — et combien ça coûte ?
Le vendeur ou le bailleur, en principe. Les ordres de grandeur du marché, pourquoi les diagnostics « offerts » n'existent pas, et comment comparer des devis sans se faire avoir.
Qui paie : la règle simple
C'est celui qui doit fournir le dossier qui le paie : le vendeur pour une vente, le bailleur pour une location. Les diagnostics ne se refacturent pas à l'acquéreur ni au locataire — ils font partie du coût de mise sur le marché du bien, comme l'annonce ou les frais d'agence côté vendeur.
Une exception de bon sens, qu'on assume de vous rappeler : l'ERP peut être rempli gratuitement par le propriétaire lui-même sur le site Géorisques de l'État. Beaucoup préfèrent le confier au diagnostiqueur avec le reste du dossier pour éviter l'erreur de formulaire — mais c'est un choix, pas une obligation.
Combien : les ordres de grandeur du marché
Les prix sont libres — chaque professionnel fixe les siens. À titre indicatif, TTC et déplacement compris, le marché se situe :
- DPE — entre 80 € et 130 € ;
- repérage amiante — entre 45 € et 80 € ;
- CREP (plomb) — entre 50 € et 90 € ;
- état électricité — entre 45 € et 80 € ;
- état gaz — entre 45 € et 80 € ;
- mesurage Carrez — entre 40 € et 70 € ;
- ERP — entre 10 € et 30 € ;
- audit énergétique — entre 700 € et 900 €, le poste le plus lourd, réservé aux monopropriétés classées E, F ou G.
Pourquoi le pack coûte moins que la somme des diagnostics
Le premier levier d'économie n'est pas de négocier chaque ligne, c'est de grouper : la plupart des diagnostics s'appuient sur la même visite, et un seul déplacement se mutualise sur tout le dossier. Un pack complet réalisé en un rendez-vous coûte structurellement moins cher que les mêmes diagnostics commandés un par un, à des dates différentes — et le dossier y gagne en cohérence, tous les rapports étant datés du même jour.
Le second levier, c'est de ne commander que le nécessaire : chaque diagnostic évité — parce que votre bien n'y est pas soumis — vaut mieux qu'une remise sur un diagnostic inutile.
Les diagnostics « offerts » par l'agence : vraiment ?
« Diagnostics offerts pour tout mandat exclusif » : la formule est courante, et elle mérite d'être décodée. Un diagnostic a un coût réel — il est réalisé par un professionnel certifié qui se déplace. S'il est « offert », il est financé ailleurs : dans les honoraires, ou par la contrepartie d'une exclusivité qui vous engage. Ce n'est pas un scandale, c'est un arbitrage commercial — mais appelez-le par son nom : un paiement intégré, pas un cadeau.
Le point de vigilance est ailleurs : la loi exige que le diagnostiqueur soit indépendant et impartial, sans lien de nature à compromettre son objectivité avec le propriétaire ou avec l'agence qui vend le bien. Vous restez libre de choisir votre diagnostiqueur, même sous mandat exclusif — un dossier établi par un professionnel que vous avez choisi vous-même, c'est aussi un argument de confiance face à l'acquéreur.
Comparer des devis honnêtement
Quatre vérifications suffisent pour comparer ce qui est comparable :
- le périmètre : les mêmes diagnostics des deux côtés — un devis « moins cher » auquel il manque une ligne n'est pas moins cher ;
- le déplacement : inclus ou facturé à part ? C'est la variable cachée la plus fréquente ;
- les suppléments possibles : analyses en laboratoire pour l'amiante, si un prélèvement s'avère nécessaire — un devis sérieux les annonce d'avance ;
- le prix : ferme, ou « à partir de » ? Un prix qui peut bouger le jour J n'est pas un prix, c'est une estimation.
Et maintenant ?
Décrivez votre bien et votre projet : vous obtenez la liste exacte des diagnostics requis — sans document superflu — et le prix de votre pack, ferme et déplacement compris, fixé par chaque diagnostiqueur. De quoi comparer sur des bases nettes.